Histoire

La commune dispose de ressources patrimoniales nombreuses :

Le plan des richesses communales de la ZPPAUP recense 22 éléments remarquables (chapelle romane à fresques, moulins, pressoirs, four à chaux, fontaines, calvaires…), sept Palazzi, quatre lieux remarquables ainsi que cinq zones archéologiques...

  • La Préhistoire

Entre Lama et Urtaca, en contrebas du chemin départemental reliant les deux villages, au lieu-dit Colonna, se situe le plus important gisement de menhirs de Haute-Corse. L’ethnologue Adrien de Mortilletsignale ces monolithes en 1892 dans son Rapport sur les monuments mégalithiques de la Corse. A cette époque, un menhir était toujours debout. Des paysans du village voyant des personnes venus d’ailleurs le visiter crurent qu’elles cherchaient un trésor, ont fait des fouilles autour et ont fini par le faire tomber. Depuis, couché et caché dans le maquis et les ronces, le menhir était sorti de la mémoire locale. En 1987, le docteur Antoine Franzinirelance les recherches. Après plusieurs visites du site, on finit par redécouvrir le menhir qui mesure 1,90 m de hauteur. Michel Claude Weiss, professeur à l’Université de Corte, l’authentifiera et en découvrira trois autres à proximité.

  • Le Moyen-Age

L’apogée de l’empire romain

A ces temps de paix correspond un habitat épars sur les basses terres. Des groupes humains s’installent près de bonnes terres ou à proximité de sources.

Les toponymes du cadastre sont révélateurs:
Capanalli (de cabana = cabane)
Casarella (la petite maison)
Castellucciu, castellacce (de castellu : château)
Casa a u Bugno ( maison des ruches )

La chute de l’empire Romain
Avec l’effondrement de la puissance romaine, des troubles s’installent partout : incursions barbaresques venus de la mer, petits féodaux locaux qui constituent des troupes et se font la guerre pour la possession de territoires.

A cette longue période de troubles correspond en Corse :

1er temps : Organisation militaire des régions

Les habitants se mettent sous la protection d’un petit seigneur local qui construit un château, un fortin sur un éperon rocheux. C’est la période de l’Encastellamentu : des castelli se dressent un peu partout en Corse sur des promontoires.

A Lama, on dénombre deux castelli : Le « Castellucciu » entièrement détruit aujourd’hui et le « Mont’A PUrrettu » où ont été effectuées récemment des fouilles avec Jean Cancellieri, Professeur médiévaliste à l’Université de Corte. Les régions ont également une organisation religieuse : la Pieve.

Au milieu cette l’habitat épars, la chapelle à fresques San Lorenzu Classée Monument Historique.

2ème temps : La constitution du village

L'isolement, surtout dans les basses terres, devient synonyme de danger. Alors on se regroupe sur les hauteurs. Deux villages se constituent,  U Loru  sous le castellu di Mont’a Purrettu , et Lama sur l’ arête rocheuse voisine au pied d’une tour de guet « A Torra » qui s’est effondrée il y a une trentaine d’années. Le plus vieux document découvert à ce jour sur le village date de 1206.

  • La vocation oléicole

C’est sans doute à la fin du XVIème siècle – début du XVIIèmeque le village va trouver sa vocation.

Lama va vivre, pendant plus de 3 siècles, au rythme des travaux qui président à la fabrication de l’huile d’olive. L’oliveraie qui couvre le fond de la vallée et remonte de part et d’autre des coteaux jusqu’à mi-pente, devient une des plus importantes de Corse. Au début du siècle on produisait à Lama, lors des bonnes années, près de 200 000 litres d’huile.

Presque tous les propriétaires ont leurs pressoirs, les uns à traction hydraulique au bord de la rivière (e fabrice), les autres à traction animale (i franghji). On dénombre encore aujourd’hui beaucoup de ces pressoirs, disséminés dans la campagne. Certains sont pratiquement intacts.

Cette huile abondante et renommée va faire la richesse du village. Et cette richesse va avoir des incidences à la fois architecturales et culturelles.

  • L’ architecture

Dans son ouvrage "Villages de France", Michel Grandinindique que Lama est « un des plus remarquables conservatoires de l’architecture insulaire ». L’intérêt architectural du village découle essentiellement de la coexistence et de l’harmonie de deux styles différents :

Une architecture corse d’intégration

Au cœur du village, les vieux quartiers où la plupart des soubassements et des premiers niveaux datent du Moyen-Age. Ce sont de petites maisons accotées au rocher, collées les unes aux autres avec un lacis de ruelles étroites et abruptes, des passages voûtés.

Une architecture italienne d’affirmation

A la périphérie des vieux quartiers, des grandes maisons bourgeoises du XVIIIèmesiècle ou du début du XIXème, construites par les gros propriétaires oléiculteurs et qu'on appelle les palazzi.

La richesse matérielle favorise la formation d'une "intelligentsia" villageoise, férue de culture italienne. Les familles aisées envoient leurs enfants faire leurs études à Rome, Lucques, Florence ou Venise. Beaucoup font carrière dans la péninsule et quand ils retournent au village, ils veulent imiter chez eux ce qu'ils ont vu et apprécié là-bas.

Les Ceccaldi plaquent sur la façade principale de leur ancienne maison en pierres quatre loggias d'inspiration toscane sur deux niveaux. On construit sur le toit de l'imposante demeure Bertolaun belvédère florentin.

De même, les intérieurs sont conçus avec recherche. On joue sur la variation ornementale des voûtes (voûtes en berceau, voûtes d'arête, voûtes croisées). On fait venir des artistes peintres italiens pour décorer les pièces d'apparat.